Au début des années 70, mon père, Bernard, a réalisé des essais avec la méthode Lemaire-Boucher. Cette méthode était une approche biologique de la culture de la vigne. Pour des raisons techniques et économiques, il n'a pas souhaité poursuivre dans cette voie-là.

Durant ma jeunesse, mes parents m'ont toujours appris à avoir un regard admiratif et bienveillant envers la Nature et tout ce qu'elle nous offre. Ils me répétaient qu'il faut la respecter. D'autre part, lors des coups de main que je pouvais donner pour les travaux de la vigne, il y en a un que je réalisais avec dégoût, le désherbage chimique du cavaillon. En effet, pulvériser un produit pour faire mourir l'herbe était, pour moi, aberrant.

Ces quelques anecdotes me permettent de vous montrer que la « graine » de la culture biologique a été très tôt semée en moi.

Durant mes études, j'ai réalisé 2 stages chez des vignerons en culture biologique. Ces expériences, couplées à diverses lectures, m'ont convaincu que le système « conventionnel » nous mène dans une impasse. C'est ce système qui a inventé l'exploitant agricole. Imaginez-vous la signification de ces mots : exploiter c'est tirer parti du sol, cela peut aller jusqu'à son usure complète, sa mort ! Je préfère être paysan ou vigneron.

J'ai également compris que le désherbage chimique va à l'encontre de la notion de terroir, si important pour la production de grands vins. En effet, outre le fait de détruire l'herbe, les désherbants chimiques détruisent la vie du sol et par là sa structure. Le sol perd sa personnalité et ne peut donc plus offrir à la vigne les éléments nutritifs et minéraux propres à sa constitution.

De même, les engrais chimiques vont à l'encontre de la notion de terroir. En épandant ces engrais, l'objectif est de nourrir la vigne, alors que de manière naturelle, c'est le sol qui nourrit les plantes sur lequel elles poussent et donc la vigne. Il faut nourrir le sol, l'aider à vivre pleinement, afin qu'il permette à la vigne de nous donner des raisins imprégnés par le terroir.

 

Enfin, parmi les produits de protection des plantes contre les maladies, il y a une famille dites systémiques. Ces produits pénètrent dans la vigne, y circulent et empêchent ainsi le développement des maladies. Je ne peux pas comprendre que l'on fasse circuler un « poison » dans la vigne pour lutter contre les maladies. Quid des raisins ?

 

Ces différents éléments de vécu et de réflexion m'ont donné comme objectif, très tôt, durant mes études, d'amener le domaine Paul Gaschy à la culture biologique. Après quelques années d'évolution des pratiques culturales, nous avons demandé la certification biologique en 2009. Suite aux 3 années de conversion, le millésime 2012 fut labellisé « vin biologique ».

 

Ce changement des pratiques nous a permis de constater des évolutions dans les vignes et dans les vins :

            - Les espèces d'herbes qui poussent naturellement dans les vignes ont changé et sont plus variés

            - Les vignes présentent une vigueur équilibrée permettant la production de raisins de qualité, année                après année

            - Les raisins présentent chaque année de belle maturité avec des concentrations en sucre toujours                    suffisantes et de bons niveaux d'acidité

            - Les vins ont gagné en consistance, en équilibre et en personnalité.

 

Aujourd'hui, je m'inspire également des pratiques biodynamiques pour faire progresser ma compréhension de la vigne et des vins et ainsi faire évoluer mes pratiques.

En effet, la vigne est une partie d'un ensemble. Elle est influencée par le sol dans lequel elle pousse, par les caractéristiques de l'air à l'endroit où elle évolue, par le climat de l'année. Elle est également réceptive d'énergies qui nous viennent de plus loin, les forces cosmiques et telluriques.

Mon rôle de vigneron est de permettre à la vigne d'être en équilibre dans cet ensemble. C'est ainsi, je pense, qu'elle nous donnera des raisins de très grande qualité, nécessaires à faire progresser la qualité intrinsèque des vins Paul Gaschy.

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"Tous les jours, dans les médias, nous entendons parler de problèmes environnementaux. Je crois que chacun peut, à son niveau, contribuer à la construction d'un monde plus respectueux de la Nature. Étant responsable des quelques parcelles du domaine Paul Gaschy, les travailler de manière biologique est ma contribution à ce vaste chantier que notre Terre nécessite. En achetant des vins Paul Gaschy, vous vous faites plaisir, certes, mais vous soutenez également mes pratiques et l'orientation prise il y a quelques années vers une culture respectueuse de la vigne, des vins, de l'Homme et de la Nature."

Hervé Gaschy